05/05/2026 - None
Elles ont tatoué l'histoire : trois femmes qui ont tout changé
On parle souvent des grands noms du tatouage comme d'une affaire d'hommes. Sailor Jerry, Bert Grimm, Charlie Wagner… Des figures incontournables, certes. Mais bien avant qu'Instagram ne mette les tatoueuses sous les projecteurs, trois femmes ont tracé leur chemin dans un milieu qui ne leur faisait pas de cadeau. Portrait de trois pionnières qu'on n'oublie pas.
Maud Wagner, la contorsionniste devenue légende
Tout commence à l'Exposition Universelle de 1904. Maud Stevens, contorsionniste de cirque, croise la route de Gus Wagner, tatoueur itinérant. Le coup de foudre est immédiat mais Maud n'est pas du genre à suivre sans condition. Elle accepte de l'accompagner dans sa vie nomade à une seule exigence : qu'il lui apprenne à tatouer.
Ce qu'il y a de remarquable chez Maud, c'est son entêtement. À une époque où les machines électriques commencent à s'imposer, elle continue de tatouer en handpoke à la main, aiguille après aiguille jusqu'à la fin de sa carrière. Sa fille Lotteva reprendra le flambeau. Une vraie dynastie, fondée sur la passion et la précision.
Lenora Platt, bâtisseuse d'un monde plus paritaire
Autodidacte, Lenora Platt commence à tatouer à 29 ans dans les cirques américains. Elle s'installe ensuite à Newport News, en Virginie, où elle ouvre son propre salon, une rarité pour une femme à cette époque. Sa clientèle ? Principalement des marins, dans une ville portuaire où le tatouage est presque un rite de passage.
Mais ce qui distingue vraiment Lenora, c'est sa vision. Non contente d'avoir réussi dans un milieu d'hommes, elle milite activement pour y faire entrer d'autres femmes. Elle recrute des tatoueuses, encourage ses confrères à en faire autant. Se faire tatouer par une femme devient alors une tendance à part entière et Lenora en est l'architecte.
Djita Salomé, la femme aux cent millions de piqûres
Djita Salomé, c'est une autre histoire. Ses origines restent mystérieuses, mais sa renommée, elle, est bien réelle. Surnommée "la femme aux 100 000 000 piqûres", elle parcourt l'Europe au début du XXe siècle en exhibant ses tatouages colorés dans des foires et des musées de cire. Berlin, Paris, Saint-Pétersbourg, Londres, New York — elle a tout fait.
Sa notoriété est telle qu'elle engage un impresario pour gérer ses tournées. Une femme tatoué, manager, internationale, à une époque où tout cela semblait impensable.
Un héritage bien vivant
Ces trois femmes n'ont pas seulement pratiqué le tatouage. Elles ont redéfini qui avait le droit d'y avoir sa place — côté aiguille comme côté peau. Leur héritage, c'est chaque tatoueuse qui travaille aujourd'hui, et chaque cliente qui choisit librement de marquer son histoire sur sa peau.
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